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Pins, Sapins et autres Epicéas Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
On ne peut pas ignorer que la Sologne fut plantée, au XIX° siècle, de nombreux résineux. Si certains comme le pin maritime ont mal résisté à nos hivers trop rudes, d’autres couvrent de nos jours des étendues plus ou moins vastes comme le Pin laricio de Corse, le Douglas et le Pin sylvestre.

 

Tous ces arbres ont en commun d’être des résineux (sapin vient du celte sappere : qui produit de la sève), d’avoir des feuilles persistantes en forme d’aiguilles et de produire des graines dans des cônes à partir de fleurs unisexuées (une fleur mâle et une fleur femelle).

LES PINS (familles des Pinacées) Ils peuvent atteindre 35 m de hauteur. Sur les 80 espèces existantes, une vingtaine peut être trouvée sur le territoire français. Les troncs et les rameaux portent des écailles qui sont en réalité de petites feuilles dépourvues de chlorophylle. Les aiguilles varient en couleur, du vert clair au vert noir, et en nombre, de 2 à 5 en général.

 Le Pin sylvestre : (Pinus sylvestris) C’est un arbre au tronc droit, de couleur rouge orangé, au moins dans sa partie supérieure. Ses aiguilles, souples et légèrement vrillées vont par 2 tout autour du rameau et ses fruits, les cônes, mûrs en deux ans, sont assez petits et pointus, d’un brun mat. Son enracinement est généralement profond et si son port jeune est élancé, il a tendance à s’évaser en vieillissant. En Sologne il a pris la place des chênaies acidophiles et a remplacé le pin maritime, trop fragile.

 

Le Pin maritime : (Pinus pinaster) Très planté dans notre région au XIX° siècle, il n’a pas supporté les hivers rudes et on ne rencontre en région Centre que des spécimens isolés qui se caractérisent par une teinte vert sombre, un aspect « parasol », une écorce profondément crevassée avec des reflets rouge violet et des cônes de grandes dimensions. Ses aiguilles, groupées par deux, sont très longues (15 cm).

 


 

 Le Pin laricio de Corse : (Pinus nigra laricio) C’est une variété du Pin noir d’Autriche que l’on trouvait en quantité, jusqu’en 1960, dans les régions sèches et calcaires de la Champagne. En Sologne il s’est très bien acclimaté. Il présente un étagement régulier des branches et un fût très droit. Les aiguilles qui se renouvellent tous les trois ans sont de couleur vert cendré, ont un aspect ondulé, ne sont pas piquantes et se groupent par 2. Il a de petits cônes ovales pointus.

 

 Le Pin de Weymouth : (Pinus strobus) Planté dés le début du XIX° siècle, ce pin , originaire du Canada est très résistant au froid. En Europe, il a été victime d’une maladie, la rouille vésiculeuse. On le trouve dans certaines propriétés de Sologne où il borde les allées ou les chemins d’accès. Ses aiguilles, raides, se groupent par 5. Ils acceptent bien les sols sableux et humides. Son tronc est généralement très sombre et son feuillage possède un aspect bleuté. Ses cônes, longs et étroits, se présentent avec des écailles minces, écartées et collantes de résine.

 

LES SAPINS (famille des Pinacées)

Ce sont des conifères résineux, au tronc gris, au feuillage sombre, aux rameaux couverts de feuilles aiguilles alternes, plates, marquées de deux raies blanches à la face inférieure et qui laissent des cicatrices au point d’insertion. Les cônes sont dressés sur les rameaux et leurs écailles, avec leurs graines, se détachent isolément de l’axe et tombent en flottant grâce à une aile persistante. Outre leur utilisation en bois de charpente, en parqueterie et en pâte à papier, les sapins sont utilisés en pharmacopée en fournissant la « térébenthine d’Alsace » qui entre dans la fabrication des expectorants et des calmants légers.

 Le Sapin pectiné : (Abies alba) C’est un arbre qui peut atteindre 45 m et que l’on trouve ici et là en Sologne. Il préfère les régions montagneuses. Sa caractéristique est d’avoir des aiguilles qui, si elles sont placées tout autour du rameau, se vrillent pour se placer sur un même plan, donnant l’aspect d’un double peigne. Ses branches restent horizontales. C’est probablement le sapin qui possède la plus grande longévité (300 ans).

 

Le Sapin de Nordmann : (Abies nordmanniana) Provenant du Caucase il est très proche du Sapin pectiné. Ses aiguilles englobent les rameaux et présentent, à leur extrémité, un aspect tronqué et légèrement échancré. On le trouve essentiellement dans les Cévennes, le sud de la Creuse et la Corrèze, les versants ouest des Vosges et du Jura. Dans la région Centre, il peut constituer de très beaux arbres de parc où il apprécie le plein découvert. C’est souvent lui qui est cultivé comme Sapin de Noël.

 Le DOUGLAS : (Pseudotsuga menziesii) Ce n’est ne ni un sapin ni un pin de la famille des Pinacées. Il devrait être classé dans celle des Taxacées comme l’if avec lequel il partage l’allure des feuilles. Originaire du nord-ouest de l’Amérique du Nord il est fréquent dans notre région où il s’acclimate très bien aux sols sableux, secs ou humides. Il peut atteindre 40 m avec une cime pointue, une symétrie claire et des branches longues et tombantes. C’est une façon de le distinguer du Sapin pectiné. Les aiguilles sont minces et molles, douces au toucher et répandent une odeur de citronnelle caractéristique. D’abord lisse et fine l’écorce devient brun rouge et se crevasse dans le sens de la longueur, devenant parfois très épaisse, ce qui n’est pas un indice de qualité du bois dont les bons éléments sont appréciés dans de multiples usages et commercialisés sous le nom de « Pin d’Orégon ». Les cônes, de 5 à 12 cm sont pendants et les écailles très minces et molles portant de fines bractées en trois parties.

 

 L’EPICEA (famille des Pinacées)

Parfois dénommé « faux sapin » il serait originaire de Chine mais ses quarante espèces ont envahi tous les continents. Son allure générale est celle d’un grand cône, au tronc brun grisâtre, à l’écorce crevassée et aux branches incurvées vers le haut. Il présente des aiguilles plus fines que celles du sapin. Aiguës, elles ont une section en forme de losange, vertes sur les 4 faces. Ses fruits sont des cônes terminaux pendant de rameaux flexibles, ils ne se désarticulent pas mais tombent entiers.

 

L’Epicéa pousse spontanément dans le Jura entre 800 et 1200 m où il peut atteindre 40 m de hauteur pour un diamètre de 1 m. Son bois est utilisé en charpente, en menuiserie et en lutherie. En plaine, il pousse bien sur tous les sols mais produit du bois de moins bonne qualité et c’est souvent comme arbre d’agrément qu’il apparaît, sa belle forme et sa frondaison épaisse étant très appréciées. On ne trouve pas de plantations importantes en région Centre mais des éléments isolés.

Jean-Claude Barthoux

 
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