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Quelques fruits sauvages d'automne

La fin de l’été et l’automne, voient se développer, dans notre région, les fruits de beaucoup d’arbustes et de plantes sauvages. Les décrire tous serait sans doute fastidieux. J’en ai choisi une dizaine, certains fréquents et connus, d’autres beaucoup moins. Recherchez-les dans la nature et tentez de les utiliser,… quand ce n’est pas déconseillé et…si vous en avez le courage !

Avant la présentation des espèces voici une précision :

- on appelle « baie » un fruit charnu à pépins dont la chair peut être comestible pour l’homme ou certains animaux (ex. : la tomate).

- on appelle « drupe » un fruit charnu à noyau(x) dans le(s)quel(s) se trouve la graine (amande). La chair peut être ou non comestible (ex. : la pêche)..

- on appelle « akène » un fruit dur, souvent sec, qui ne s’ouvre pas librement. La graine se trouve à l’intérieur (ex. : la noisette).

- on appelle « capsule » un fruit qui s’ouvre pour libérer les graines (ex. : le petit pois)

ARBUSTES OU PLANTES A FRUITS ROUGES

Le Chèvrefeuille des bois (Lonicera periclymenum), de la famille des Caprifoliacées, se présente souvent comme une liane qui s’enroule autour des autres végétaux. Il est assez fréquent en bordure des chemins de Sologne, surtout si ceux-ci sont remblayés avec du calcaire, mais on le trouve également en sous-bois. En été, on peut être attiré par ses fleurs particulièrement odorantes. Ses fruits sont des baies rouges vif, groupées en grappes. Bien que consommables par l’homme, ils sont indigestes et provoquent des troubles intestinaux. La prudence suggère de les laisser aux oiseaux, qui n’en sont pas très friands cependant.

 

 

L’Eglantier ou Rosier sauvage (Rosa canina) de la famille des Rosacées, est un arbuste épineux, très fréquent, aux tiges vertes, vigoureuses et inclinées. Il porte des fleurs roses à 5 pétales et ses fruits, bien connus sous le nom de « gratte-cul » sont des cynorhodons. En forme de petites poires rouges, ils présentent, à leurs extrémités, les restes du calice et sont de fausses baies. La chair contient des graines poilues qui constituent les véritables fruits. Ces poils font que cette « baie » extrêmement riche, est souvent délaissée par l’homme. Elle contient des vitamines C, A1, B1, B2 et P, des caroténoïdes, des tanins, des sucres et des acides organiques. La tisane de cynorhodons est un bon préventif à la grippe et un remontant pour les convalescents et les dépressifs. (Faire bouillir une cuillerée de cynorrhodons écrasés par tasse d’eau, ne pas oublier de filtrer). Les cynorhodons font également d’excellentes confitures pour qui a le courage de retirer les poils.

 

 

L’Aubépine ou Epine blanche. De la famille des Rosacées, les aubépines sont des arbustes épineux, aux feuilles dentées. Elles  bordent les chemins et les anciens prés. Leur fruit rouge est une drupe appelée cenelle. Celle-ci contient un ou deux noyaux (rarement trois) suivant la variété et porte la trace du calice. Crataegus monogyna, Aubépine monogyne, a toujours une cenelle à un seul noyau, l’Aubépine dïogyne, Crataegus laevigata, fréquente en Sologne, compte généralement deux noyaux.  Ces cenelles sont farineuses, souvent acides. Elles contiennent des substances ayant une action vasodilatatrice sur les artères coronaires mais leur action est très lente. On peut en manger des quantités pendant une longue période en toute sécurité. 

Le Fusain ou Bonnet d’évêque ou Bonnet carré (Euonymus europaeus ) est l’un des rares représentants dans nos régions de la famille des Célastracées. Arbuste aux tiges vertes et carrées, il préfère des terrains possédant des éléments calcaires. On le trouve souvent en bordure des chemins. Son fruit rose vif est une capsule pendante, divisée en quatre parties, qui se fend pour montrer des graines rouge- orange. Ces fruits ne sont pas mangeables. Acres, ils font vomir et les oiseaux eux-mêmes les dédaignent.

 


 

La Bryone dioïque ou Navet du diable (Bryonia dioica) est une Cucurbitacée, comme la Citrouille. C’est une longue liane que l’on trouve dans les haies, les grillages et à la lisière des forêts où elle s’accroche grâce à de longues vrilles. Il existe des pieds mâles et des pieds femelles. Ces derniers portent les fruits qui sont des baies rouges. Très toxiques, ces baies peuvent être mortelles pour un enfant. Les oiseaux ne les consomment pas mais certains, comme les merles, peuvent s’en saisir et les rejeter plus loin, ce qui facilite la prolifération.

 


 

 ARBUSTES OU PLANTES A FRUITS NOIRS OU BLEUS

La Ronce commune (Rubus fruticosus) est une Rosacée très courante qui envahit les haies, les bords de route, les broussailles. Elle compte un grand nombre d’espèces et de sous espèces (dont la Ronce à fruits bleuâtres que l’on rencontre moins fréquemment). Ses rameaux très épineux, souples, se multiplient en prenant racine à leur extrémité. Son fruit, la mûre, est bien connu. Consommable quand il est bien noir (ou bleu foncé pour la ronce bleue moins sucrée) c’est un ensemble de petites drupes agglomérées, chacune d’elles contenant un petit noyau aplati. Les mûres peuvent être mangées « au naturel » (seul un excès peut entraîner quelques troubles intestinaux !),. Elles servent également à la confection de confitures, de gelées, de sirops, de vins et de vinaigres.

 


 

 Le Prunellier ou Epine noire  (Prunus spinosa  de la famille des Rosacées). Déjà présenté dans le « Sologne Nature infos » de mai-juin 2004, je n’apporterai que quelques compléments. Médicalement, ce sont surtout la fleur et la feuille qui sont utilisées. Le fruit, la prunelle, est une drupe globuleuse bleu noir, couverte de pruine blanchâtre et à la chair verte très astringente. Elle n’est pas toxique mais ne peut être consommée qu’après une gelée, son âpreté laissant une impression peu agréable en bouche. On l’utilise pour fabriquer du "vin d'épine" et une liqueur en faisant macérer les noyaux concassés ou par fermentation des fruits auxquels on ajoute un sirop. Une eau-de-vie de prunelle peut être obtenue par distillation. Si vous voulez essayer de faire de la confiture, il vous faudra beaucoup de sucre.

 


 

Le Lierre ou Bourreau des arbres (Hedera helix) . Très commun le long des troncs d’arbres ou sur les murs où il s’accroche (hedera signifie s’attacher) il est toujours vert. Le lierre ne fleurit qu’à la lumière, les fleurs jaunâtres apparaissent à l’automne et ne donneront de fruits qu'en mai, juin de l'année suivante. Ces fruits sont des baies, noires à maturité, qui forment des grappes denses et rondes. Si les feuilles du lierre ont pu être utilisées comme cicatrisant, les fruits sont toxiques pour l’homme. Irritants pour la gorge, ils peuvent provoquer des troubles digestifs et à forte dose, sont dangereux pour le système nerveux. Ces baies semblent cependant appréciées des merles.

 


 

Le Sureau noir (Sambucus nigra) . Il est considéré par beaucoup de personnes (j’en ai encore eu la preuve récemment) comme un végétal nuisible, envahissant et inutile, son bois garni de moelle blanche étant inutilisable et ses fruits, digérés par les oiseaux, provoquant des fientes particulièrement salissantes !! Pire, c’est un arbuste fréquent près des habitations.

Le sureau a cependant été une remarquable plante médicinale depuis l’Antiquité. Si les fleurs sont couramment utilisées pour faire des beignets elles permettent aussi la confection de tisanes qui font transpirer en cas de fièvre et elles entrent aussi dans la confection de "limonade de Sureau". Les fruits, en grappes tombantes, sont des drupes à trois graines qui tachent les doigts d’une teinte rouge- noir ! Il n’est pas conseillé de les consommer crus. On en fait d’excellentes confitures et, légèrement bouillis dans une tasse d’eau, une cuillerée à café 5 fois par jour demeure un bon remède contre les douleurs rhumatismales et les toux rebelles.

 


 

La Bourdaine ou Rhubarbe des paysans (Rhamnus frangula). La bourdaine est fréquente en Sologne où l’on dit que ses rameaux saoulent les chevreuils. C’est un arbuste de 1 à 3 m. de hauteur, aux branches étalées, sans épines et à l’écorce brune, lisse, brillante et parcourue d’innombrables taches blanches. Les feuilles, rouges en automne, montrent des nervures parallèles proéminentes. Les fruits sont des drupes globuleuses violet noir contenant 2 ou 3 graines. Ils sont fixés par un long pédoncule. L’écorce de bourdaine a été autrefois utilisée comme de la rhubarbe et, après une longue préparation, comme purgatif. Le bois aurait servi à fabriquer de la poudre à canon. Les fruits, par contre, ne sont pas comestibles et il est déconseillé de les ingérer.

 Jean-Claude BARTHOUX

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