Vous pouvez aider Sologne Nature Environnement (SNE) en participant à l’amélioration des connaissances. Pour cela, il vous faut transmettre vos « données naturalistes ». Oui mais voilà, tout le monde connaît-il vraiment ce qui se cache derrière ce terme un peu austère ? Reprenons du début.
Pour remplir ses missions, SNE a besoin de bien connaître son territoire. Il faut donc que l’association sache le plus précisément possible quelles espèces de plantes ou d’animaux se trouvent en Sologne et où. Si la liste des espèces présentes est connue, leur répartition reste assez vague pour un grand nombre d’entre elles. C’est là que vous pouvez intervenir !
Vous observez les oiseaux dans votre jardin ? Les plantes pendant vos balades dans la nature ? N’hésitez pas à nous transmettre ces données, elles nous sont précieuses ! Les salariés de SNE notent beaucoup de choses mais ils ne peuvent être présents partout.
En lisant ces lignes certains d'entre vous se disent peut-être « transmettre mes observations, oui… mais comment ? ».
Vous l’aurez peut-être compris, une « donnée naturaliste » est en fait l’observation d’une ou plusieurs espèces à une date donnée sur un lieu donné. Voici ce qu’il faut mettre absolument pour que nous puissions utiliser vos données :
- L’espèce observée : c’est l’élément principal, mais attention, soyez sûrs de votre coup ! Pas de donnée vaut mieux qu’une donnée fausse. En cas de doute, envoyez-nous une photo ou appelez nous pour confirmer votre identification.
- Le lieu : il est important de mettre la localisation la plus précise possible de l’observation. A minima, mettez la commune et le lieu-dit le plus proche de là où l’espèce a été observée. Si vous en avez la possibilité, mettez nous les coordonnées géographiques (en précisant le système de projection (1)), plus la localisation est précise, meilleure sera l’utilisation de la donnée. Vous trouverez ces informations sur le site Web Géoportail par exemple. Besoin d'aide pour géo localiser !
- La date : très importante, la date permet de comparer les données d’un même site sur une échelle de temps variable. Là encore, soyez le plus précis possible et notez le jour de votre observation.
- L’observateur : C’est également un critère important. En effet, si une précision est à apporter sur une observation, connaître l’observateur nous permet de recontacter cette personne.
- Les autres informations : Toute autre information complémentaire est bonne à prendre. Vous pouvez ainsi indiquer le nombre de mâles, de femelles, si l’animal était mort ou vivant, si vous n’avez vu que ses traces, etc… N’hésitez pas à mettre tous les détails que vous avez en votre possession, ils nous intéressent tous !
Maintenant que vous êtes des experts dans l’organisation des données naturalistes, il ne vous reste plus qu'à nous envoyer vos données.
(1) La Terre étant ronde et les cartes plates, il a bien fallu trouver un système pour représenter du rond sur du plat. C’est ce qu’on appelle un système de projection. Ces systèmes sont organisés en coordonnées avec les X et Y (souvenez-vous de vos cours de maths à l’école). Les systèmes qui nous intéressent sont le Lambert 93 (à privilégier), le Lambert II étendu et le WGS84.
Le plan régional d'action
Dans la continuité des orientations de la « Stratégie Nationale pour la Biodiversité » et de son « Plan d’Action pour le Patrimoine Naturel », et dans le cadre du Grenelle de l’environnement, le Ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer a décidé en 2007 de créer des Plans Nationaux d’Actions (PNA) en faveur des espèces menacées. Ils visent à agir en faveur des espèces dites menacées, présentes sur le territoire français et considérées comme en danger critique d’extinction.
Les PNA en faveur des espèces menacées ont donc pour objectif de mettre en œuvre des actions favorables au bon état de conservation des populations de ces espèces, mais aussi de mieux les connaître. Ils visent également à informer le public et les acteurs du territoire sur la nécessité d’intégrer la protection des espèces dans les activités humaines.
Conformément aux dispositions du PNA Odonates, la phase opérationnelle passe par la réalisation d’une déclinaison régionale dans l’ensemble des régions du territoire métropolitain. Le Plan Régional d’Actions (PRA) du Centre est en cours de rédaction et les actions portent sur la période 2013-2017.
Les actions menées
SNE s’inscrit dans ce dispositif en recherchant les 29 espèces de libellules concernées par le PRA dans les milieux favorables à leur présence (étangs, mares, cours d’eau de Sologne ainsi que le Cher, fossés et ruisselets), estimer leurs effectifs, si possible, et définir la qualité écologique de leurs habitats.
En parallèle, SNE a développé un outil de vulgarisation sur les odonates. Celui-ci se présenter sous la forme d’un livret de 8 pages, en couleurs et agrémenté de nombreuses photos. Il est destiné aux acteurs professionnels de l’environnement, gestionnaires de milieux anthropogènes, mais également, dans le cas spécifique de la Sologne, aux propriétaires riverains de cours d’eau ou aux propriétaires forestiers dont les parcelles contiennent des points d’eau. L’objectif est d’informer sur les libellules concernées par le PRA et sur l’impact que peut avoir la gestion des milieux sur ces espèces.
Grèbe à cou noir ©E.Fréri
Chaque année depuis 2000, SNE recense la nidification des espèces d’oiseaux dites « patrimoniales », c’est à dire des espèces emblématiques qui se reproduisent en faibles effectifs sur l’ensemble du territoire national ou de manière peu abondante en Sologne. Pour certaines, la Sologne est un lieu important au niveau national (par exemple en accueillant environ 10% des effectifs nationaux de Guifettes moustacs et de Grèbes à cou noir).
Depuis l’année 2010, nos travaux sur les oiseaux patrimoniaux sont basés sur des inventaires effectués par des bénévoles, avec un appui scientifique des chargés d’études de l’association.
Guifette moustac ©F.PelsyLes objectifs de ces suivis sont de :
* contribuer à une meilleure connaissance du patrimoine naturel de la Sologne ;
* alimenter les enquêtes nationales pour lesquelles la Sologne est concernée et l’association sollicitée ;
* contribuer à la mise en place d’une gestion durable en faveur de ce patrimoine naturel.
Héron pourpré ©F.PelsyLe travail s’est porté plus particulièrement sur des espèces inscrites sur la Liste Rouge, sur des espèces dont les effectifs semblent s’être effondrés au cours de ces dernières années en Sologne, les espèces récemment installées comme oiseaux nicheurs en Sologne (Héron garde-bœufs, Nette rousse, Guêpier d’Europe) et le Grand Cormoran qui est une espèce problématique. Depuis l'année 2006, nous avons aussi décidé d'inventorier les couples nicheurs de Mouettes rieuses. Cette espèce possède un mode de nidification grégaire qui permet une bonne défense contre les prédateurs et incite souvent le Grèbe à cou noir et les Guifettes moustacs à nicher en leur compagnie.
Espèces patrimoniales suivies :
le Grèbe à cou noir, le Grand Cormoran, le Butor étoilé, le Blongios nain, le Bihoreau gris, le Héron garde-bœufs, l’Aigrette garzette, la Grande Aigrette, le Héron pourpré, la Sarcelle d’été, la Nette rousse, l’Aigle botté, le Busard des roseaux, la Mouette rieuse, la Mouette mélanocéphale, la Guifette noire, la Guifette moustac, le Guêpier d’Europe, la Locustelle luscinioïde, la Cisticole des joncs, la Bouscarle de Cetti et la Rousserolle turdoïde.
Cette étude nous a permis de discriminer et de hiérarchiser les facteurs écologiques et socio-économiques à prendre en compte pour la gestion de la Loutre. Nous proposerons ici les mesures de gestion prioritaires à la réalisation de notre objectif, à savoir le maintien et le développement de la Loutre en Sologne. Ces mesures de gestion concernent essentiellement la Petite Sauldre, la Grande Sauldre, la Sauldre et le Beuvron qui ont été étudiées dans le détail.
Certaines de ces mesures pourraient également s’appliquer à leurs affluents. Une étude de milieu détaillée sur les affluents de la Sauldre et du Beuvron (notamment sur le Cosson) serait nécessaire ultérieurement afin de compléter cette étude et de proposer des mesures de gestion concernant l’ensemble des cours d’eau solognots ainsi que les corridors écologiques interrégionaux.
Objectifs généraux :
- Améliorer la qualité de l’eau
- Limiter l’utilisation de produits phytosanitaires à proximité des cours d’eau
- Limiter l’apport de matières en suspension lors des vidanges d’étangs
- Limiter les dépôts sauvages de déchets
- Améliorer le potentiel piscicole des rivières
- Lutter contre les étiages
- Augmenter la continuité piscicole
- Améliorer la capacité d’accueil de l’habitat pour la faune piscicole
- Préserver la biodiversité
- Préserver les espèces présentant un potentiel alimentaire pour la Loutre
- Réguler et/ou éradiquer les espèces invasives
- Maintenir et créer des zones de refuge pour la Loutre
- Limiter les infrastructures en zones rivulaires
- Canaliser la fréquentation sur les milieux aquatiques et rivulaires
- Restaurer et entretenir la ripisylve
- Préserver les roselières et milieux ouverts à proximité des cours d’eau
- Améliorer la qualité de l’habitat pour la Loutre
- Restaurer et entretenir les berges
- Créer ou maintenir les corridors écologiques nécessaires à ses déplacements
- Gérer les conflits d’intérêt avec les propriétaires d’étangs, les pisciculteurs et les pêcheurs
- Empêcher la mortalité accidentelle, routière ou due à la lutte contre les nuisibles
- Informer et communiquer sur l’espèce et les résultats d’étude envers le grand public
- Améliorer les connaissances sur l’espèce
- Participer au Plan national d’Action sur la Loutre
- Renouveler les études sur l’espèce en Sologne